Un test de condition physique sera désormais proposé à tous les élèves de sixième dès la rentrée 2025. Pensé comme un outil de prévention, il vise à mieux connaître l’état de santé des jeunes collégiens. Cette mesure, soutenue par les ministères de l’Éducation et de la Santé, s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la sédentarité.
Forme physique au collège : les élèves vont-ils tous être logés à la même enseigne ?

À partir de septembre 2025, l’ensemble des élèves entrant en classe de sixième seront invités à passer un test de condition physique en début d’année scolaire. Cette décision, portée par le ministère de l’Éducation nationale avec l’appui du ministère de la Santé, répond à une préoccupation croissante : l’activité physique insuffisante des enfants et des adolescents en France. L’objectif est simple : mieux repérer les élèves qui présentent des fragilités physiques afin de leur proposer un accompagnement adapté.
Une évaluation conçue pour mieux connaître la condition physique des élèves
Ce test, qui sera administré par les enseignants d’éducation physique et sportive, ne relève pas d’un examen classique. Il ne s’agit ni d’une épreuve notée ni d’un classement. L’évaluation repose sur trois indicateurs fondamentaux : l’endurance, la force musculaire et la vitesse. Pour les mesurer, les élèves effectueront un test de course progressive (souvent appelé test navette), un saut en longueur sans élan et un sprint de trente mètres.
Ces trois épreuves ont été choisies car elles permettent d’obtenir une image assez complète des capacités physiques de base d’un adolescent. Elles sont simples à mettre en œuvre, ne nécessitent pas de matériel sophistiqué et peuvent être répétées facilement dans le temps, ce qui en fait un outil fiable pour le suivi. Les résultats permettront d’identifier les élèves qui peuvent bénéficier d’un soutien spécifique, mais aussi de mieux adapter les contenus d’enseignement en fonction des besoins constatés.
Un enjeu de santé publique à l’échelle nationale
Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant. Selon les données disponibles, près des trois quarts des adolescents âgés de 11 à 17 ans ne respectent pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé en matière d’activité physique. L’OMS préconise au moins soixante minutes quotidiennes d’activité physique d’intensité modérée à soutenue. En France, ce seuil est largement sous-atteint, en particulier chez les collégiens.
Les conséquences de cette inactivité sont bien connues : augmentation du surpoids et de l’obésité, baisse des capacités cardio-respiratoires, hausse du risque de maladies chroniques à l’âge adulte. Le test de condition physique n’est donc pas un objectif en soi, mais un outil parmi d’autres dans une politique de santé publique. Il complète les dispositifs déjà existants, comme les trente minutes d’activité physique quotidienne à l’école primaire, et participe d’un effort global pour remettre le mouvement au cœur du quotidien des jeunes.
Une approche individualisée, loin de toute logique de compétition
L’un des points importants de cette mesure réside dans son caractère non compétitif. Contrairement aux idées reçues, le sport à l’école ne doit pas être perçu comme une forme de pression ou de jugement. L’objectif n’est pas de pointer du doigt les plus fragiles, mais au contraire de mieux comprendre leur situation pour agir plus tôt. Chaque enfant a des capacités différentes. Ce n’est ni anormal, ni inquiétant. L’essentiel est de pouvoir adapter les réponses éducatives et sanitaires en fonction des besoins de chacun.
Le test ne vise pas l’excellence sportive, mais le repérage bienveillant. Il permet aussi d’éviter les diagnostics tardifs en matière de santé ou de motricité, et de proposer des aménagements avant que les difficultés ne deviennent un obstacle dans le parcours scolaire ou le bien-être de l’élève.
Des résultats d’expérimentation qui confirment l’intérêt du dispositif
Avant sa généralisation, le test a été expérimenté auprès de 4 000 élèves en septembre 2024. Cette phase pilote a permis d’en mesurer l’utilité et de repérer certains constats préoccupants. Seuls 19 % des élèves atteignent un niveau de condition physique jugé satisfaisant. Environ 4 % présentent des résultats très en deçà des attentes, ce qui justifie un suivi renforcé.
L’expérimentation a également mis en lumière des différences selon les contextes sociaux. Les élèves issus de milieux moins favorisés obtiennent globalement des scores plus faibles, ce qui pose la question des inégalités d’accès à l’activité physique. Ces écarts ne doivent pas être interprétés comme une fatalité mais comme un appel à renforcer les moyens de prévention dans les territoires les plus touchés.
Un levier pour renforcer la place de l’activité physique dans la vie des jeunes
Au-delà du test lui-même, cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large. L’enjeu est de redonner toute sa place à l’activité physique dans le parcours de vie des enfants. Cela passe par une meilleure valorisation de l’éducation physique à l’école, mais aussi par l’ouverture des infrastructures sportives, le soutien aux associations locales, ou encore la promotion des mobilités actives comme la marche ou le vélo.
La réussite de cette politique repose aussi sur l’implication des familles. Le test pourra constituer un point de départ pour dialoguer entre parents, enseignants et professionnels de santé. Il ne s’agit pas d’une évaluation de la valeur de l’enfant, mais d’une photographie de ses capacités physiques à un moment donné.