Troubles intestinaux : les contenants en plastique seraient nocifs pour la santé

Le plastique est omniprésent dans notre environnement et nos habitudes alimentaires. Pourtant, une étude récente met en évidence ses effets délétères sur la santé.

Jade Blachier
Par Jade Blachier Publié le 5 mars 2025 à 11h37
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Les contenants en plastique, largement utilisés pour le stockage et la consommation alimentaire, sont aujourd’hui au cœur d’une inquiétude croissante. Une étude publiée en février 2025 dans la revue Ecotoxicology and Environmental Safety met en évidence un lien préoccupant entre l’exposition aux plastiques alimentaires et divers troubles de santé, notamment digestifs et cardiovasculaires.

Les chercheurs ont analysé les effets de la migration des composés plastiques vers les aliments, mettant en évidence un impact significatif sur le microbiote intestinal et le système circulatoire. Ces résultats, appuyés par des expérimentations animales et une étude épidémiologique auprès de 3 200 personnes, posent la question de la sécurité des matériaux plastiques utilisés au quotidien.

Plastiques alimentaires : des composants chimiques qui migrent vers notre organisme

Les contenants en plastique sont fabriqués à partir de divers polymères, souvent additionnés d’additifs destinés à améliorer leurs propriétés (souplesse, résistance thermique, transparence). Ces additifs, parmi lesquels figurent le bisphénol A (BPA) et les phtalates, sont susceptibles de migrer dans les aliments, en particulier sous l’effet de la chaleur ou d’un contact prolongé.

Le BPA, largement utilisé dans les plastiques alimentaires jusqu’à son interdiction partielle dans certains pays, est connu pour son action sur le système hormonal. Il imite les œstrogènes et interagit avec les récepteurs hormonaux, favorisant ainsi des déséquilibres endocriniens pouvant conduire à des troubles métaboliques (diabète de type 2, obésité), des dysfonctions thyroïdiennes et des troubles de la reproduction.

Bien que son usage soit désormais réglementé dans de nombreux pays, il a été remplacé par d’autres composés de la même famille (BPS, BPF), dont les effets sur la santé sont encore mal connus mais qui montrent des propriétés similaires à celles du BPA.

Les phtalates, utilisés pour assouplir le plastique, sont également suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Ils interfèrent avec la production de testostérone et sont associés à des effets délétères sur le développement du fœtus, la fertilité masculine et certaines pathologies métaboliques. Leur présence dans les contenants alimentaires expose quotidiennement la population à des doses répétées, dont l’accumulation peut provoquer des effets chroniques.

Un impact démontré sur le microbiote intestinal et la santé cardiovasculaire

Les chercheurs ont mené des expérimentations sur des rats, en leur administrant de l’eau bouillante ayant stagné dans des contenants plastiques pendant une durée variable (1, 5 ou 15 minutes). L’analyse des selles de ces animaux a révélé un déséquilibre significatif du microbiote, caractérisé par une diminution de la diversité bactérienne et une augmentation des marqueurs inflammatoires.

Ce phénomène n’est pas anodin : le microbiote intestinal joue un rôle clé dans la régulation de nombreuses fonctions biologiques, notamment l’immunité, la digestion et l’équilibre métabolique. Une perturbation prolongée est associée à des pathologies inflammatoires chroniques, telles que la maladie de Crohn, le syndrome du côlon irritable et certaines maladies auto-immunes.

L’étude a aussi démontré un lien entre cette exposition et un risque accru d’insuffisance cardiaque. Des lésions du muscle cardiaque ont été observées chez les rats ayant consommé de l’eau contaminée par les composants plastiques. Chez l’homme, une enquête épidémiologique menée auprès de 3 200 individus a mis en évidence une augmentation du risque cardiovasculaire chez les personnes déclarant une consommation régulière d’aliments stockés dans des contenants plastiques.

Un danger potentiel à long terme : quelles conséquences pour la population ?

Si ces résultats restent à approfondir par des études de cohorte sur le long terme, ils posent néanmoins la question d’une exposition chronique et cumulative aux composés plastiques. Contrairement aux toxines aiguës, qui provoquent des effets immédiats, les plastiques libèrent des substances dont les conséquences s’expriment après des années d’exposition continue.

La capacité des microplastiques à s’accumuler dans l’organisme est également un sujet d’inquiétude majeur. Des études antérieures ont démontré la présence de particules plastiques dans le sang, les organes et même le cerveau humain, avec des implications encore mal connues sur le plan neurologique et immunitaire.

Réduire l’exposition aux plastiques alimentaires : des alternatives nécessaires

Face à ces préoccupations croissantes, il est impératif de revoir nos habitudes alimentaires et d’opter pour des solutions alternatives.

Privilégier les contenants en verre ou en inox permet d’éviter la migration de substances chimiques vers les aliments, en particulier lors du réchauffage. Il est également recommandé de ne pas chauffer d’aliments directement dans des récipients en plastique, car la chaleur favorise la libération des composés toxiques.

L’industrie agroalimentaire doit également repenser ses emballages, en développant des matériaux inertes et sûrs. Certaines entreprises commencent à utiliser des alternatives biodégradables à base de cellulose ou d’amidon de maïs, mais leur efficacité en termes de sécurité alimentaire doit encore être validée.

Jade Blachier

Diplômée en Information Communication, journaliste alternante chez Economie Matin.

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