ZFE : voici les 42 villes dans lesquelles l’air va s’améliorer

Dès 2026, 42 villes françaises franchissent une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution atmosphérique en généralisant la vignette Crit’Air. Ce dispositif, déjà en place dans plusieurs grandes métropoles, va s’étendre et renforcer la protection des populations contre les particules fines et autres polluants nocifs.

Jade Blachier
Par Jade Blachier Publié le 17 mars 2025 à 11h56
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Chaque jour, 40 000 décès prématurés en France sont attribués à la pollution de l’air selon Santé publique France. Ces chiffres alarmants montrent l’urgence d’agir pour améliorer la qualité de l’air, notamment dans les zones urbaines où les concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote atteignent des niveaux préoccupants. Face à cette situation, le gouvernement renforce les zones à faibles émissions (ZFE) et impose de nouvelles restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants.

Les ZFE, ou zones à faibles émissions, sont des périmètres urbains dans lesquels l’accès aux véhicules les plus polluants est restreint afin de limiter la pollution de l’air. Présentes dans plusieurs grandes villes européennes, ces zones ont pour objectif de favoriser les mobilités propres et de protéger la santé des habitants. Dès 2026, 42 villes françaises appliqueront un durcissement des règles liées à la vignette Crit’Air.

Pollution de l’air : une urgence sanitaire

Les études scientifiques le prouvent : la pollution de l’air est un facteur majeur de maladies respiratoires et cardiovasculaires. En particulier, les particules fines (PM10, PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO₂), principalement émis par le trafic routier, pénètrent profondément dans les poumons et dans le système sanguin, provoquant des affections graves.

Les conséquences sur la santé sont multiples. L’exposition prolongée aux polluants atmosphériques entraîne une augmentation des crises d’asthme et des maladies respiratoires chroniques. Les risques d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de maladies cardiovasculaires sont également accrus en raison de l’impact des particules fines sur le système circulatoire. Elle affaiblit aussi le système immunitaire, rendant l’organisme plus vulnérable aux infections. Enfin, des liens ont été établis entre la pollution atmosphérique et certains cancers, notamment du poumon.

Face à ces dangers, l’encadrement des émissions polluantes devient une priorité de santé publique, nécessitant des mesures structurelles et des politiques de mobilité adaptées.

Crit’Air : comment ça fonctionne ?

Le système de classification Crit’Air, en vigueur depuis 2017, vise à restreindre l’accès aux centres-villes pour les véhicules les plus polluants. Cette classification repose sur l’année de mise en circulation et le type de carburant du véhicule.

Les véhicules sont répartis en six catégories allant de Crit’Air 0 à Crit’Air 5. Les voitures électriques et à hydrogène sont classées Crit’Air 0, étant totalement exemptes d’émissions polluantes. Viennent ensuite les véhicules essence et hybrides récents, mis en circulation après 2011, qui obtiennent une vignette Crit’Air 1. La catégorie Crit’Air 2 regroupe les véhicules essence produits entre 2006 et 2010 et les diesels plus récents, postérieurs à 2011.

Les véhicules plus anciens sont progressivement restreints. Ceux immatriculés entre 1997 et 2005 pour l’essence et entre 2006 et 2010 pour le diesel sont classés Crit’Air 3, une catégorie qui sera particulièrement ciblée dès 2026. Quant aux véhicules Crit’Air 4 et 5, ce sont principalement des diesels plus anciens, produits avant 2006.

Dès 2026, de nombreuses villes interdiront les véhicules classés Crit’Air 3 dans certaines zones urbaines, marquant une avancée significative vers un air plus sain.

Les 42 villes engagées dans cette transformation

Aujourd’hui, 25 villes appliquent déjà des restrictions Crit’Air. À partir de 2026, 17 nouvelles communes rejoindront ce dispositif, portant à 42 le nombre de villes où la circulation des véhicules polluants sera limitée. Parmi les grandes métropoles concernées figurent Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Nice, Nantes, Strasbourg et Montpellier.

D’autres villes de taille moyenne adopteront également ces mesures, notamment Grenoble, Rennes, Reims, Saint-Étienne, Toulon, Le Havre, Dijon, Angers, Nîmes, Villeurbanne, Clermont-Ferrand, Le Mans, Aix-en-Provence, Brest, Tours, Amiens, Limoges, Annecy, Perpignan, Metz, Boulogne-Billancourt, Besançon, Orléans, Saint-Denis, Argenteuil, Rouen, Mulhouse, Caen, Nancy, Saint-Paul, Montreuil et Avignon.

Une amélioration rapide et mesurable de la qualité de l’air

Les expériences menées dans des villes pionnières montrent des résultats concrets et rapides après l’application de restrictions Crit’Air. À Paris, par exemple, l’interdiction des Crit’Air 5 a permis une réduction des niveaux de dioxyde d’azote de 20 % en seulement quelques mois.

D’autres métropoles européennes ayant adopté des politiques similaires, comme Londres et Madrid, ont observé des diminutions significatives des maladies respiratoires et des urgences médicales liées à la pollution.

Selon les estimations de Santé publique France, une amélioration durable de la qualité de l’air permettrait de gagner en moyenne 9 mois d’espérance de vie pour les habitants des zones concernées.

Accompagner les citoyens dans la transition

Si les bénéfices sanitaires sont indéniables, l’application des restrictions Crit’Air doit s’accompagner de mesures d’accompagnement pour les citoyens. Plusieurs dispositifs sont déjà en place pour faciliter cette transition. La prime à la conversion, qui peut atteindre 6 000 euros, permet d’aider les ménages à remplacer leur véhicule polluant par un modèle plus propre. Certaines collectivités proposent également des aides locales pour encourager l’usage des transports en commun ou l’acquisition de vélos électriques. Enfin, plusieurs municipalités investissent dans l’extension des infrastructures de transport en commun pour offrir des alternatives à la voiture individuelle.

Pour les ménages qui dépendent encore de leur véhicule, ces aides sont essentielles afin d’éviter une injustice sociale dans l’application de cette mesure.

Jade Blachier

Diplômée en Information Communication, journaliste alternante chez Economie Matin.

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